Logique de guerre

22 09 2009

Avant de commencer, j’aimerais faire une mise au point. Je n’essaie ni d’attirer la sympathie de l’extrême droite ni des va-t-en-guerre de tout bord. Je ne suis ni militariste, ni réactionnaire et je déteste la guerre et ses effets. Je suis juste étonné par les fluctuations de l’opinion publique et l’inconsistance populaire par rapport à l’envoi de forces armées européennes en Afghanistan.

A ce que je sache le peuple a décidé, nous sommes en démocratie, qu’il fallait une armée. En cas contraire le peuple aurait fait entendre sa voix et aurait fait démanteler cette petite chose qui coûte tant d’argent au contribuable. À quoi sert au juste une armée ?? Aux défilés ? Aux secours en cas de catastrophe ? A protéger le pourvoir au cas où les choses déraperait… A la fin, pourquoi équipe-t-on les soldats avec des fusils, des grenades, des bombes, des avions mortels, des missiles etc ???… La réponse est peut-être simpliste, mais une armée sert à défendre ou conquérir en imposant une logique qui utilise la peur, la souffrance, l’horreur et la mort pour imposer sa vision du droit. Si le peuple n’est pas d’accord qu’il se lève, utilise ses droits et ses pouvoirs pour démanteler cette organisation et utilise les tonne d’argent qu’elle bouffe pour des choses plus utiles.

Après le 11 septembre tout le monde s’est mis d’accord pour lutter contre terrorisme. Une des mesures préconisée fut d’envoyer des forces armées en Afghanistan. Quand le charismatique Obama nous déclare et nous convainc que si nous n’intervenons pas en Afghanistan nous prenons le risque de créer les même conditions qui ont menés à la vague terroriste, nos pays ne bronchent pas et donnent leur accord pour envoyer des soldats  se battre pour éviter de nouveaux attentats. En donnant leur accord au nom du peuple, le peuple tacitement accepte la logique de guerre et ses conséquences. Quand nos soldats, super bien équipés massacrent des dizaines de mecs qui se battent avec courage pour leur pays et leur vision de l’indépendance, le bon peuple trouve ça normal. Par contre quand nos soldats, qui se sont engagés volontairement, dans une armée qui sert à tuer, qui a ont entrainés à tuer se font dégommer. Désastre national ! Réveillez-vous, nous ne sommes pas dans un film d’Hollywood ou tout est noir et blanc ; les gentils ; les méchants. En envoyant des troupes armées il va y avoir des morts, de la souffrance et des horreurs jusqu’à ce que la raison du plus fort s’impose. La spirale infernale fera mal des deux côtés, ce n’est pas un film, c’est la guerre. Il faut assumer les conséquences de nos accords tacites. Nous voulons une armée – et bien il faut en assumer les conséquences. Quand on tue, on risque d’être tué. Mais une fois qu’on a engagé la partie, je trouve plutôt lâche de donner de la voix parce nos troupes subissent des pertes. Les combattants ennemis que nos armées tuent ont aussi de femmes, des enfants, des rêves. C’est avant qu’il fallait faire valoir ses droits – une fois le combat engagé, c’est trop facile de se casser sous prétexte que ce n’est pas notre guerre et laisser les autres faire le sale boulot – après tout Osama, c’est pas seulement contre les ricains qu’il en a, c’est aussi contre nous !





Inspiration

20 09 2009

Il était sur le point de commencer son discours sur le rôle de la presse, quand sa secrétaire l’interrompit pour lui annoncer une nouvelle qui assombrit son visage pour quelques secondes. Il réfléchissait. La porte était restée ouverte. Personne n’avait encore remarqué son trouble malgré le silence lourd qui s’installait dans la pièce. Une machine à café lorgnait du côté de la concierge. Qui devait parler en premier. Etais-ce lui le messager ou devait il faire taire l’intuition de cette parodie dans sa tête. Il ne savait plus que faire. Désemparé, il saisit la bouteille de whiskey au bord de la table et se versa un verre. Les glaçons avaient disparu. Le silence s’installait progressivement. Le public s’évanouissait dans sa tête au fur et à mesure que son silence épaississait les ombres délicates apparues progressivement. Non ce n’était pas du délire. Il croyait rêver, mais la réalité des choses s’imposait à ses cinq sens malgré l’absurdité évidente de la situation. Un major passa sa tête par la porte et le salua sans enthousiasme. Qui sont ces personnages qui sans cesse font intrusion dans ses séances intérieures ? Pourquoi leur faut-il absorber la lumière du jour pour se matérialiser ? La rumeur d’un avion au loin distillait dans l’espace un bruit sourd. Le discours désormais se précisait dans sa tête. Que faudrait-il dire pour ne pas être ridicule ? Que faudrait-il écrire au lieu de remplir l’espace vide du temps par le vide, l’absence d’idée ou l’apparente absence d’idées par je ne sais quoi ?. Il ne savait plus très bien. Les choses se bousculaient sans plus. Sans donner l’impression de faire partie d’un tout. Il hésitait sur le choix des mots. Chipotait sur les lettres qui ne défilaient plus comme auparavant. Sa tête se vidait peu à peu pour faire place au silence et puis soudain l’éclair. La révélation de ce qu’il avait cherché lui vint lentement à l’esprit. L’esprit, voici le mot clé qu’il n’arrivait pas à saisir. Il remuait sans cesse les mains. Ses doigts se mettaient à inventer de nouvelles mélodies sur les touches magiques de cet instrument qui avait oublié les sons. La musique faisait place aux mots. Chacun des sons enveloppait d’un hâle mystérieux la position d’un fouet battant distinctement le rythme endiablé de cette nouvelle danse. Il ne contrôlait plus exactement la succession des évènements. Les lieux communs ne bousculaient plus que raisonnablement les coins entaillés de mensonge des recoins de son esprit. Plus rien ne pouvait naitre de cette succession de mots. Plus rien que l’absurde au milieu d’une pièce vide, vidée de son sens premier. Il remit son doigt sur sa tempe, se gratta le front. Finit par se frotter la tête sans trouver de réponse. La fureur de travailler l’avait tranquillement lâchée pour faire place à une nonchalance sordide. Il s’inquiéta du peu de romance que sa vie lui imposait sans en redemander. Ecrire, toujours trouver l’inspiration. C’est une jungle de malentendus qui demandent leur droit d’exister. Pourquoi choisir l’un plutôt que l’autre ? Pourquoi choisir le sens plutôt que l’abstraction totale ? Une chose devenait claire au fond de lui ; il fallait qu’il abandonne le concept de l’ordre fondamental. Seul une intelligible douceur pouvait lui redonner du pouvoir. Il fallait qu’il apprenne à puiser dans cette source inconnue bien qu’intime pour dénicher la nourriture qui satisferait son esprit qui ne savait plus vivre de l’ordinaire. Sa foi lui manquait. Il avait appris, bien malgré lui de faire confiance aux drôleries qui rendait les foules méfiantes. Sa hargne s’était dissipée pour faire place à une contemplation mystique emprunte d’un pragmatisme léger.  Tout est une douleur tranquille se dit-il en retournant tranquillement près de sa chambre. Les concepts fondaient devant la lumière…. Le sens du sens se distendait sans laisser de traces dans l’univers. La transe active remplaçait l’absence de sens et s’esquivait devant le grand inquisiteur. Avancer dans la nuit, tâtonner sans aucune peur le fond de cette pensée. Tout un chacun pouvait le faire. Et pourquoi lui ? Pourquoi cet entêtement de se tenir au dessus de la mêlée pour faire ressortir une vérité singulière qui dans le fond était indifférentes aux foules ?





La question de l’Allemand

20 09 2009

J’ai été interpellé ce matin par le commentaire de très pertinent de Urs Gfeller sur RSR1 quand aux connaissances linguistiques insuffisante ou nulle de certains candidats au conseil fédéral (Signature).

Il est vrai que la vue de Pascal Broulis donnant en pathétique spectacle ses carences linguistiques met en évidence un problème plus large : notre attitude face à l’allemand et à la Suisse allemande. Ce qui m’interpelle c’est que beaucoup de romands ayant passé autant ou plus d’heures à étudier l’allemand que d’anglais n’hésitent pas à utiliser même maladroitement la langue de Shakespeare pour communiquer avec leurs concitoyens germanophone plutôt que d’utiliser directement l’allemand, ce qui est aberrant.

Ceci remet en question d’une part l’efficacité de l’enseignement de l’allemand  mais principalement le blocage psychologique que nous Romands nous imposons face à nos concitoyens d’outre-Sarine. Avouons-le, nous mettons une mauvaise volonté évidente, indigne de l’intelligence moyenne de n’importe quel Romand quand il s’agit de parler l’allemand. Mais de quoi avons-nous donc peur. Bien sûr on peut revendiquer le spectre de la germanisation d’une minorité culturelle par la majorité, mais est ce que le refus de faire un pas en direction de nos collègues alémanique résout le problème ?

Je n’ai rien contre l’anglais, bien au contraire, tout le monde devrait le parler, mais ce qui m’inquiète c’est l’infiltration subtile et perverse cette culture au détriment de notre patrimoine pluriculturel et plurilinguistique. Ayant vécu des années aux Etats-Unis et travaillant avec des anglophones, j’ai vu les ravages de la monoculture linguistique. Nous avons chez nous en Europe et en Suisse, en particulier, le privilège incroyable de pourvoir goûter à tant de saveurs culturelles différentes grâce aux langues. Ne nous laissons pas niveler par le bas ! Luttons ça vaut la peine. Reformons, ce qui est à réformer. L’enseignement de l’allemand (ou du français outre-Sarine) ne fonctionne pas ? Réagissons, c’est une priorité absolue. Il en va de notre identité culturelle et nationale. Engageons de vrais professionnels de la communication ; pas des pseudo-marqueteurs croupissant dans un bureau à Berne. Ce que je demande c’est des vrais pros, une campagne digne du raid de communication d’Apple pour lancer l’i phone pour nous faire aimer les langues nationales. Analyser la situation objectivement, regarder les problèmes en face et y remédier. J’aime mon pays, j’aime sa diversité. Nous pouvons nous améliorer, ayons le courage et donnons nous les moyens ensembles de nous réinventer en tant que société pluriculturelle et plurilinguistique moderne fiers de notre diversité.





La Question du Pouvoir

20 09 2009

L’écriture est au rat d’égout ce que la stratégie est au politicien.

Ceci est une phrase dénouée de sens au vu des considérations laxistes que ce dernier exhibe en face d’une opinion publique ahurie des ses prestations médiocres. Une chance que celui-ci prouve par une déclaration décente que sa raison d’exister remise en doute par les derniers sondages le rendant extrêmement impopulaire aux yeux d’un publique agacé de n’être pas pris au sérieux.

Mais que veut le peuple ? Voici une question qui me tarabuste depuis quelques temps. Acclamer la voix d’un beau parleur ou des décisions qui vont avoir un impacte profond dans le quotidien des masses. Alerte rouge au parlement, la musique ne veut plus commencer. L’hymne nationale s’est enrouée au quatrième couplet et le président confond la marseillaise avec la brabançonne…

Que veut le peuple à la fin. Il n’y a pas de réponse car tout un chacun est profondément englué dans son train-train quotidien dans lequel une déviation du protocole est perçu comme un crime de lèse majesté.

Mon idole me dit que la vérité n’existe pas ; l’intérêt public n’est qu’une caisse de résonance pour égos surdimensionnés de politiciens en quête de reconnaissance. J’exulte au vu de l’exhibition impudique des ces pseudo-héros en quête d’un « c’est bien mon grand, tu fais plaisir à papa ». Mais pourquoi faire chier le monde avec leurs multiples complexes mal guéris sous prétexte de vouloir sauver le monde ? Ou y aurait-t-il de vrais héros pour qui le bien d’autrui signifie plus que reconnaissance publique d’une personnalité mal affirmée ?

Quelle raison pousse un animal à devenir un mâle alpha ? Est ce le désir sincère de protéger et faire progresser la meute ou une aversion profonde de se faire piquer la plus belle femelle de la horde ? Le débat est quasi cornélien mais pose certainement la question de l’aspiration du pouvoir.








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