Les demi-dieux sont dans l’expectative d’une éphémère histoire interrompue d’un puissant jet d’encre sympathique. Moment magique où l’instinct de l’instant reprend confiance depuis que la lune a cessé de fuir. Puissante affirmation de l’enfer dantesque d’où viennent les humeurs douteuses d’une psyché fragile. C’est là que tout commence, de cette inquiétude qui monte des tréfonds de l’âme. Articulation déjantée de phrases qui s’enchainent. La motivation est puissante, dictée de la plume d’un artiste incroyant. Il délire sur le thème de l’âme épuisée, de l’absence du réel, s’échappant sans cesse d’une issue vers l’autre. L’agitation est elle réelle ? Il tombe, se relève. Décide finalement de suivre son instinct fragile qui illumine son chemin. Il se livre à l’amour infini, dévoré par l’oubli de l’être. Instinct primitif et divin. Mystique baiser sur des lèvres ; réceptacles de la pensée et du rire des âmes flottantes. A ce moment, surgit une pensée étrange. Le motif se répète, tel le thème d’une fugue ; cercle concentrique pointant dans la même direction. Embryon de vie, d’espoir, ressource suprême. Son handicap est finalement surmonté grâce au rire répété de la légèreté de l’être. Son monde croule et s’épanouit vers de nouvelles destinations. Amour, accroc, harmonie dissolue dans le rêve indicible et volubile. Mangeoire incongrue et festive. Derviche tourneur inspiré par l’amour ultime. Telle une endorphine, soulageant les plaies intérieures dictées par la douleur intense de la souffrance omniprésente. Sa souffrance paraît illusoire voir métaphysique. Elle ne s’aperçoit que par l’ascèse tant elle est sournoise. Silence, infusion de bonheur aux ressources énormes. Aphrodisiaques infimes. L’individu se recherche malgré un souci de dissimulation, l’intrus se dissout dans les mots et les pensées surgies de nulle part. Est-ce l’inquiétude ou l’intrigue d’une quête mystique. Il questionne l’ego, qui répond à l’enquête en fuyant telle une projection inutile ; distraction fatale. Il est animiste tout au fond et se soumet au bons sens qui lui dicte un retour aux sources. Chaman intérieur pointant le chemin. Modeste toutefois, Il accepte que la raison, équilibre précaire, s’incline à la moindre occasion aux divagations inspirées par le flux puissant d’hormones dominantes. Que dire ? Rien dire ? Il préfère puiser sans réserve dans le silence de la pensée unique. Gouter à l’instant, libre de la confrontation des contraires ou simplement poursuivre la descente aux enfers : affronter l’ignoble, l’indescriptible et les efforts redoublés pour faire valoir une harmonie imaginaire. Il trouve refuge dans le confort illusoire d’une pensée continue à la recherche de sa raison d’être. Insanité du rationnel, peur d’oubli. Maladroites hallucinations hébergeant sans le savoir les racines d’une hérésie menant au néant. Nihilisme, sarcastique ; insulte de l’illusion, regard de l’autre. C’est alors qu’apparaît, grâce soudaine, l’illumination qu’inspire le regard de l’être aimé. Animus et anima s’unissant à la recherche de la révélation ultime. Celle qui délie les bouches et libère les cœurs de leurs prisons héritées. Quête initiatique du plaisir partagé ; voie mystique pointant vers le meilleur. Image furtive de l’absolu, se dissolvant dans l’évanescence du moment, passage dans l’instant. Dictée synchronisée de l’intérieur par les outils indépendants des sens. Partage insolent, désirs en alerte surgis des profondeurs. Quelles profondeurs ? Bouillon initial d’où surgit la vie ? Energie poussant vers l’avant ? Direction multiple ou unique ? Expression divine dans l’évolution de la vie. Conscience incarnée. Mots qui ruissellent telle la pluie sur les pans inclinés des toits. Martelant à chaque goutte le rythme infini et multiple de la vie. Poésie initiatique de la goutte d’eau, rythmant, aléatoire l’univers sonore de mes pensée. Ephémère et belle, chanson de la pluie…