La face obscure du plaisir

21 07 2010

C’est de l’exploration extrème de l’instinct dont dont je voudrais librement écrire. Instinct fatal ou de survie ; atout majeur qui donne piment au vécu. Archange loyal, image sublimée d’un “je ne sais pas quoi” que l’on redoute. Je parle de l’archange qui me tient en haleine durant les nuits. Hirsute ésotérique, parlant des langues nombreuses. Il souffle dans mes oreilles des poèmes hérétiques et obsènes. Donne des instructions aux limites de l’absurde. Brave les interdits dictés par la morale dont tout le monde sait que les limites sont arbitraires. Limites tracées pour garder le troupeau groupé. Au-delà, personne ne sait vraiment ce qui se passe. Terre inconnue où l’on n’est plus protégé. On s’aventure dans un tunnel sombre ; face aux craintes, aux fantasmes projetés sur la toile fertile de l’imagination. Passage obligé que les interdits ont peuplés de démons voraces ; incarnation d’une forme d’instinct de survie évitant l’abime au plus grand nombre. Et abime il y a ; sinon la société se serait passée d’ériger ces seuils au-delà desquels on prend le risque de dériver hors des concepts que notre cerveau est capable de gérer.

Malgré tout, l’interdit garde une saveur incomparable. C’est l’histoire de la chèvre de Monsieur Seguin, qui paya de sa vie le gout de l’herbe plus verte. Néanmoins la transgression titille. Alors on minimise… qu’est ce que la transgression après tout ? Il y a la transgression publique, celle qui nuit à autrui ou au groupe. Qu’en est-il de la transgression privée. La limite qui n’engage que moi ou le partenaire consentant prêt à franchir le seuil sacré de ce qu’on appelle moral.

Qu’en est-il de l’envie d’explorer au-delà des rivages traditionnels du plaisir ou de l’entendement. Goûter aux fruits défendus par les plus puritains. Qu’en est-il du besoin de renouveler les gammes parcourues tant de fois par les sens au point ou la surprise y a perdu sa place. Est ce fatalité, que pour éviter les pièges de l’habitude, on aie à pêcher en dehors des eaux territoriales de la dite “moralité” au risque de d’être victime du loup, qui d’après les légendes rode dans les parages ?

J’en doute ! La créativité ne connait pas de limites. Preuve par l’absurde: les horreurs que l’âme humaine semble capable d’inventer sans relâche depuis l’aube des temps. Mais le mal ou l’obscure n’ont aucune raison de monopoliser la créativité ! Je cherche donc véhicule permettant l’exploration de territoires vierges exposant de nouvelles dimensions du beau et du plaisir sans réveiller les forces du mal… Mais voila, le plaisir est suspect. Il est l’ami de la face obscure de l’âme ; le refuge et force derrière les abominations des pervers. Il est le cousin de l’attachement qui aveugle et le frère de l’illusion qui trompe. Alors quel repère faut-il suivre si le plaisir est suspect ? Comment dépasser les limites morales sans encourir le risque de basculer dans l’abominable ?





Prélude et Fugue…

15 07 2010

Les demi-dieux sont dans l’expectative d’une éphémère histoire interrompue d’un puissant jet d’encre sympathique. Moment magique où l’instinct de l’instant reprend confiance depuis que la lune a cessé de fuir. Puissante affirmation de l’enfer dantesque d’où viennent les humeurs douteuses d’une psyché fragile. C’est là que tout commence, de cette inquiétude qui monte des tréfonds de l’âme. Articulation déjantée de phrases qui s’enchainent. La motivation est puissante, dictée de la plume d’un artiste incroyant. Il délire sur le thème de l’âme épuisée, de l’absence du réel, s’échappant sans cesse d’une issue vers l’autre. L’agitation est elle réelle ? Il tombe, se relève. Décide finalement de suivre son instinct fragile qui illumine son chemin. Il se livre à l’amour infini, dévoré par l’oubli de l’être. Instinct primitif et divin. Mystique baiser sur des lèvres ; réceptacles de la pensée et du rire des âmes flottantes. A ce moment, surgit une pensée étrange. Le motif se répète, tel le thème d’une fugue ; cercle concentrique pointant dans la même direction. Embryon de vie, d’espoir, ressource suprême. Son handicap est finalement surmonté grâce au rire répété de la légèreté de l’être. Son monde croule et s’épanouit vers de nouvelles destinations. Amour, accroc, harmonie dissolue dans le rêve indicible et volubile. Mangeoire incongrue et festive. Derviche tourneur inspiré par l’amour ultime. Telle une endorphine, soulageant les plaies intérieures dictées par la douleur intense de la souffrance omniprésente. Sa souffrance paraît illusoire voir métaphysique. Elle ne s’aperçoit que par l’ascèse tant elle est sournoise. Silence, infusion de bonheur aux ressources énormes. Aphrodisiaques infimes. L’individu se recherche malgré un souci de dissimulation, l’intrus se dissout dans les mots et les pensées surgies de nulle part. Est-ce l’inquiétude ou l’intrigue d’une quête mystique. Il questionne l’ego, qui répond à l’enquête en fuyant telle une projection inutile ; distraction fatale. Il est animiste tout au fond et se soumet au bons sens qui lui dicte un retour aux sources. Chaman intérieur pointant le chemin. Modeste toutefois, Il accepte que la raison, équilibre précaire, s’incline à la moindre occasion aux divagations inspirées par le flux puissant d’hormones dominantes. Que dire ? Rien dire ? Il préfère puiser sans réserve dans le silence de la pensée unique. Gouter à l’instant, libre de la confrontation des contraires ou simplement poursuivre la descente aux enfers : affronter l’ignoble, l’indescriptible et les efforts redoublés pour faire valoir une harmonie imaginaire. Il trouve refuge dans le confort illusoire d’une pensée continue à la recherche de sa raison d’être. Insanité du rationnel, peur d’oubli. Maladroites hallucinations hébergeant sans le savoir les racines d’une hérésie menant au néant. Nihilisme, sarcastique ; insulte de l’illusion, regard de l’autre. C’est alors qu’apparaît, grâce soudaine, l’illumination qu’inspire le regard de l’être aimé. Animus et anima s’unissant à la recherche de la révélation ultime. Celle qui délie les bouches et libère les cœurs de leurs prisons héritées. Quête initiatique du plaisir partagé ; voie mystique pointant vers le meilleur. Image furtive de l’absolu, se dissolvant dans l’évanescence du moment, passage dans l’instant. Dictée synchronisée de l’intérieur par les outils indépendants des sens. Partage insolent, désirs en alerte surgis des profondeurs. Quelles profondeurs ? Bouillon initial d’où surgit la vie ? Energie poussant vers l’avant ? Direction multiple ou unique ? Expression divine dans l’évolution de la vie. Conscience incarnée. Mots qui ruissellent telle la pluie sur les pans inclinés des toits. Martelant à chaque goutte le rythme infini et multiple de la vie. Poésie initiatique de la goutte d’eau, rythmant, aléatoire l’univers sonore de mes pensée. Ephémère et belle, chanson de la pluie…








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